La victoire de Nicolas Sarkozy:
Je m’en réjouis. C’est une belle victoire pour Nicolas Sarkozy et notre majorité. Il a mené une campagne d’initiative, qui s’est montrée payante. Notre famille politique trouve là la
récompense des efforts des dernières années. Cette victoire est une vraie chance pour la France, d’autant que le président élu a exprimé une volonté de rassemblement et d’ouverture.
Les idées d'ouverture du nouveau president de la république:
C’est au président de la République et à son futur premier ministre de l’apprécier. La très large victoire donne les coudées franches au nouveau Président pour pouvoir imprimer sa vision et
faire avancer les idées qu’il a défendues pendant la campagne. Plus la dynamique de rassemblement sera large, plus la capacité à mettre en oeuvre cette vision existera. C’est l’occasion de faire
bouger les lignes sur le plan politique. On voit bien qu’il y a une grande disponibilité d’écoute chez les syndicats et les différents responsables politiques. Sa victoire claire et nette lui
donne une réelle liberté. Ses propositions ont été précises. La contrepartie de cette clarté, c’est la possibilité maintenant d’ouvrir les mains, de tendre les bras et d’appeler au
rassemblement.
Une campagne d'un niveau médiocre ?
Cette campagne a été très longue. Il y a eu différents temps. Peu à peu elle a trouvé son rythme et les candidats ont pu aller jusqu’au bout des grandes questions pour proposer de vrais choix
de société. Nicolas Sarkozy a su ménager l’équilibre entre la reconnaissance du travail accompli depuis des années et l’aspiration au changement et à la rénovation. Ce choix audacieux était le
bon : c’est l’un des enseignements de ce scrutin.
Le mauvais mélange de l'identité nationale et de l'immigration:
La question de l’immigration est au cœur des préoccupations des Français et il était normal que Nicolas Sarkozy apporte sa propre réponse. L’essentiel pour moi, et c’est ce que j’ai proposé
quand j’étais ministre de l’Intérieur, c’est de regrouper les compétences et les responsabilités qui sont aujourd’hui éclatées entre plusieurs ministères. C’est comme cela que nous serons plus
efficaces.
Sarkozy et la stature de président de la réuplique :
J’ai été frappé lors de mes récents entretiens avec Nicolas Sarkozy, encore samedi dernier, par la sérénité et la conviction avec lesquelles il aborde cette responsabilité présidentielle.
Cette métamorphose est essentielle pour la transformation d’un candidat en Président de la République. Je suis heureux que Nicolas Sarkozy ait affirmé aussi clairement sa volonté de devenir le
Président de tous les Français.
Les raisons de la défaite de Ségolène RoyaL:
Je pense qu’il serait déplacé de vouloir personnaliser cette défaite. La vérité c’est que les propositions du PS sont depuis des années en profond décalage avec la réalité vécue par les
Français. Je l’ai vécu comme Premier ministre : jamais les socialistes n’ont été une véritable force de proposition, capable d’apporter des solutions concrètes aux problèmes des Français. Pour ma
part, en arrivant à Matignon, je m’étais fixé deux objectifs : ne pas connaître un nouveau 21 avril et réconcilier les Français avec la politique. Je crois que ces objectifs ont été
atteints.
Le projet UMP fortement crédibilisé par le bilan du gouvernement Villepin:
Nicolas Sarkozy était le candidat de ma famille politique. Les résultats que mon gouvernement a obtenus ont permis de crédibiliser son projet. C’est la première fois qu’une majorité sortante
se succède à elle-même depuis trente ans : j’y vois une preuve de maturité de notre démocratie. De la même façon, l’affaiblissement des extrêmes est une bonne nouvelle pour notre
démocratie.
Un quinquennat qui a fait entrer la france dans le XXIème siècle:
On ne résume pas un quinquennat en quelques mots. Mais il y a bien eu deux temps dans l’action gouvernementale. Le premier temps, avec Jean-Pierre Raffarin, a été celui de la remise en ordre
du modèle français : réforme des retraites, de l’assurance maladie et renforcement de la sécurité des Français. Le deuxième temps, avec mon gouvernement, a été celui de la modernisation de notre
pays : adaptation du droit du travail, déblocage des freins à l’embauche, relance de la croissance, désendettement. J’ai aussi voulu sortir des limites du champ d’action politique traditionnel de
la droite en m’attaquant à la lutte contre les discriminations, à la réforme de l’éducation prioritaire, au renforcement des liens entre l’université et l’emploi. Aujourd’hui nous avons réinvesti
le champ social, humanitaire et culturel qui étaient auparavant l’apanage de la gauche.
Jacques Chirac:
Par son impulsion et sa force de conviction, Jacques Chirac a permis à notre pays d’entrer de plain-pied dans le XXIème siècle. Il a réussi à maintenir, développer et moderniser le contrat
social du pays tout en le modernisant. Sur le plan international, dans une période de dangers et de menaces, il a su garantir les intérêts supérieurs de la Nation, réformer les Armées,
développer la crédibilité internationale de la France, affirmer, à travers notre engagement contre la guerre en Irak, notre vision d’un certain ordre mondial, notre refus d’une opposition
manichéenne entre l’Orient et l’Occident.
Le bilan du gouvernement:
Je suis un Premier ministre serein, qui a travaillé jusqu’au bout au service des Français. J’aurais voulu faire davantage mais j’ai fait tout mon possible, avec une équipe gouvernementale
d’une qualité exceptionnelle à laquelle je tiens à rendre hommage. La bataille pour l’emploi qui était la bataille majeure du gouvernement a été gagnée : le taux de chômage a baissé de deux
points en deux ans. Nous avons maintenant la possibilité de rejoindre le niveau des autres pays européens, d’autant plus que les perspectives en matière de croissance et de désendettement sont
meilleures. Et c’est bien l’essentiel dans les années à venir pour notre pays : avec un chômage et une dette maîtrisés, avec une croissance forte, avec un système éducatif rénové, les Français
retrouveront confiance dans l’avenir.
Un avenir encore flou:
Je tourne une page. Je vais en écrire une autre. Fort des convictions qui sont les miennes, je continuerai mes combats, à ma place et là où je serai.
Je n’ai aucun a priori. Je ne ferme la porte à rien. Mais ce n’est pas à Matignon, où le temps est entièrement consacré au service des Français, qu’on a le loisir de penser à son propre
avenir. Je n’ai encore fait aucun choix. Vous savez, j’ai construit en quinze ans un parcours d’expérience. Je suis reconnaissant à la vie. Je dis merci au président de la République, je dis
merci aux Français.
Un nouvelle ouvrage sur l'empereur bientot publié:
J’ai tenu un journal qui parle de tout sauf de politique. Mais je souhaite publier avant les ouvrages sur Napoléon qui complètent les Cent jours. Ecrire est fondamental pour moi. Cela fait
partie de ma respiration quotidienne. Le miracle de Matignon, c’est de rester vivant. L’écriture m’y a aidé.