Concours

 

DISCOURS INTEGRAL

Monsieur le Président du Conseil représentatif des institutions juives de France, cher Roger Cuckierman
Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,
Messieurs les représentants des cultes,
Madame la Présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, chère Simone Veil

Chers amis,
C’est à nouveau un grand honneur pour moi de prendre la parole devant vous ce soir. Avant tout je voudrais m’adresser à vous, cher Roger Cuckierman, pour vous remercier de l’engagement, du dévouement, de la passion et de la franchise avec laquelle vous avez accompli votre travail tout au long de ces dernières années. Une nouvelle page va s’ouvrir dans quelques mois pour le CRIF, comme pour notre pays. Et je sais que vous aurez à cœur, Monsieur le Président, d’apporter à votre successeur toute votre expérience et votre sagesse.
Vous avez su faire de ces rencontres annuelles, l’un des moments importants de notre vie publique, l’un de ces grands rendez-vous qui sont l’occasion pour chacun d’entre nous, de réaffirmer notre attachement aux principes républicains : l’égalité, la fraternité, mais aussi la laïcité et la solidarité. Je voudrais insister sur ce dernier point, sur la solidarité dont notre société a tant besoin. Nous ne sommes pas un pays qui peut se contenter de la réussite de quelques uns lorsque d’autres sont laissés pour compte. Les Français veulent avancer ensemble. Ils veulent que l’Etat puisse venir en aide aux plus démunis, à tous ceux qui ont du mal à surmonter les accidents de la vie. A cet égard je veux saluer l’esprit de solidarité qui anime la communauté des Juifs de France. Je veux rendre hommage au travail remarquable et à la mobilisation nationale pour la Tsedaka, animée par le docteur Zrihen, qui est également votre vice-président.
Les principes de la République sont notre bien commun, un bien précieux qu’il nous faut défendre contre les tentations de l’intolérance ou du communautarisme. Car ce sont eux qui nous permettront de renforcer toujours davantage notre cohésion nationale. Ce sont eux qui feront de la diversité française une chance et un atout.

1/ C’est bien au nom de ces principes que nous devons continuer, encore et toujours, de nous battre contre le fléau de l’antisémitisme.
Comme d’autres pays, la France a été confrontée au début des années 2000, à une recrudescence d’actes antisémites. Chacun se souvient de l’émotion et de l’indignation partagée par l’ensemble de la communauté nationale face aux images de cimetières profanés et de synagogues incendiées Je garde moi-même un souvenir ému du cimetière d’Herrlisheim où je m’étais rendu. Pour combattre ces violences inacceptables, nous avons mobilisé tous les moyens nécessaires :

- Les services de Police et de Gendarmerie ont mis en œuvre avec les parquets et en liaison étroite avec les services de protection de la communauté, des dispositifs spécifiques. Et je veux rendre hommage à l’action déterminée de Nicolas Sarkozy dans ce combat contre les violences antisémites.

- Nous avons mené les enquêtes jusqu’à leur terme pour identifier les coupables et les traduire devant la justice. Je veux remercier Pascal Clément de cette mobilisation.

- Nous avons adopté des mesures législatives et réglementaires pour renforcer à la fois prévention et répression, notamment à travers des programmes scolaires spécifiques, car c’est en agissant le plus tôt possible que nous pourrons venir à bout de ce fléau.


Cette mobilisation a porté ses fruits : en 2005, le nombre des actes antisémites a diminué de 47% par rapport à l’année précédente. En 4 ans nous avons fait reculer les violences antisémites de plus de 40%.

Mais je veux le dire très clairement ce soir : face à l’antisémitisme nous ne baisserons pas la garde. C’est un combat que nous ne gagnerons que dans la durée.

- Chacun se souvient du meurtre barbare d’Ilan HALIMI. Aujourd’hui je sais qu’il est dans tous nos esprits, et je veux saluer sa mère, qui est présente parmi nous. Madame Halimi, il y a un an à cette même tribune, je déclarais que nous vous devions la vérité, aujourd’hui tous les tortionnaires présumés de votre fils ont été retrouvés et arrêtés. Ils répondront de leur crime odieux devant la Justice dont nous attendons légitimement la plus grande sévérité. Nous voulons tout faire pour que de telles tragédies n’arrivent plus.

- Nous avons également tous été choqués par ce qui s’est passé en novembre dernier, à l’issue d’un match de football entre les clubs du Paris Saint Germain et du Hapoel de Tel Aviv, est inacceptable. Je refuse cette violence qui est à l’opposé de l’esprit de la compétition sportive. Ce qui s’est passé doit nous inciter encore à plus de vigilance. Vigilance face aux actes et vigilance également face aux discours et aux tentations de l’oubli.

- Il n’y a pas de place en France pour la haine religieuse ou le racisme. C’est pourquoi nous poursuivrons notre combat jusqu’au bout.


Dans ce combat pour le respect, la tolérance et l’humanisme il y a un exemple dont nous devons nous inspirer. C’est l’exemple des Justes de France auxquels le Président de la République a rendu hommage la semaine dernière, au nom de la Nation en inaugurant, en présence de Mme Simone Veil, l’inscription en leur honneur dans la crypte du Panthéon. Je m’étais moi-même rendu avec Ehoud Olmert au monument qui leur a été consacré au Mémorial de la Shoah le 14 juin dernier.

- Non, la France ne doit pas oublier le déshonneur et la lâcheté de tous ceux qui ont permis et facilité la persécution et la déportation de 76 000 juifs Français. Notre pays, grâce en particulier à l’action du président Jacques Chirac, regarde aujourd’hui son passé en face. Fidèle à son devoir de mémoire, la France veut garder vivant le souvenir de ces années noires, le transmettre aux jeunes générations pour que plus jamais l’irréparable puisse être commis. Vous avez évoqué, M. le Président, le camp des Milles. Je vous confirme que le financement de cette opération sera bientôt réalisé. Comme vous, je souhaite que ce lieu soit préservé et ouvert au public pour qu'il devienne un lieu de mémoire des crimes qui s'y sont commis.

- Mais la France n’oublie pas non plus ceux qui, par leur courage et leur humanité, ont sauvé l’esprit de la République et l’âme de notre pays. Gardons à l’esprit leur exemple pour nous opposer à la haine et à la violence quelle que soit sa forme, quelle que soit son ampleur. Sachons comme eux ouvrir les yeux et le cœur, sachons tendre la main à celui qui est menacé. Et surtout n’acceptons jamais que dans notre pays, des hommes et des femmes puissent avoir peur à cause de leur religion, à cause de leurs convictions.

- La France n’oublie pas non plus la résistance juive, les réseaux Garel ou Loinger de l’OSé, la sixième section des Eclaireurs israélites, les aumôniers des camps en France et tous ceux qui, au cœur du judaïsme, ont combattu pour l’honneur de l’homme et pour l’honneur de la France. S’ils ne peuvent être Justes selon les règles de Yad Vachem, ils sont de grands Français. Et puis n’oublions pas les racines du CRIF, qui dans la clandestinité en 1943 a été fondé par le Consistoire afin de coordonner l’action du judaïsme contre les ennemis de la France. Par leur courage et leur esprit de sacrifice, les Résistants juifs ont réaffirmé la fidélité du judaïsme français à la république. Et puisque nous célébrons cette année le bicentenaire des Consistoires, je voudrais simplement rappeler le serment du Grand Sanhédrin. A la question posée par Napoléon « Défendrez-vous la France ? » il a répondu par ce cri d’amour : « Oui, jusqu’à la mort. ».La devise des Consistoires jusqu’à aujourd’hui, « Patrie et religion », ne dit pas autre chose. Ce combat contre la haine et la violence, la France a le devoir de le mener aussi hors de ses frontières.

- C’est vrai lorsque les propos de certains dirigeants soulèvent une légitime indignation. Je condamne sans réserve et avec la plus grande vigueur les propos inacceptables du président iranien sur le Shoah, ainsi que l’organisation à Téhéran, en décembre 2006, d’une conférence sur l’Holocauste ouverte aux thèses négationnistes. Ils sont une insulte à la mémoire des victimes et de leurs familles ainsi qu’à l’honneur de la communauté internationale. Ils sont une agression à l’égard de l’Etat d’Israël. Ils sont une menace sur la stabilité et la paix dans cette région si fragile.


2/ Face à ces menaces, Israël peut compter sur la France.
Je l’ai dit plusieurs fois devant vous : face aux risques d’incompréhension et d’affrontement qui pèsent sur notre planète, l’amitié entre la France et Israël est un atout. Elle est notre chance. En quatre ans, nous avons parcouru ensemble un chemin remarquable

- D’abord nous n’avons cessé de renforcer la relation politique entre nos deux pays. Nous l’avons fait grâce à des rencontres bilatérales de plus en plus nombreuses et d’une qualité exceptionnelle : qu’il s’agisse de la visite d’Etat du Président Katzav en 2004, de celle d’Ariel Sharon en juillet 2005, Ariel Sharon vers qui vont mes pensées ce soir, puis d’Ehud Olmert en juin 2006, qu’il s’agisse de la visite en France de Mme Tzipi Livni en mars et décembre 2006, ou du déplacement de Philippe Douste-Blazy en Israël en mai 2006.

- Ce que nous avons construit entre Israël et la France, c’est un dialogue renouvelé, fondé sur la confiance. Fondé aussi sur une convergence d’analyse et d’intérêts sur de nombreux sujets. Il n’y a eu, de part ou d’autre, ni reniement ni silence complaisant, mais bien une volonté partagée : la volonté de se mettre à la place de l’autre pour comprendre ce qu’il ressent, la volonté de le respecter et de l’aider à surmonter les difficultés, dans un esprit d’amitié et de respect. Cet état d’esprit, j’ai pu le constater il y a quelques mois lors de la crise au Liban, lors de mes contacts avec Ehud Olmert, ainsi que lors de l’élaboration et de la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de Sécurité.

- Nous avons également renforcé les liens entre nos deux peuples, grâce à des projets ambitieux. A travers le « groupe de haut niveau », que j’avais mis en place dès 2002 comme ministre des Affaires étrangères avec mon ami Shimon Pérès, grâce aux premières actions développées en 2006 par la « Fondation France-Israël », voulue par Président de la République et d’Ariel Sharon et qui verra le jour dans les mois qui viennent, la compréhension entre nos deux sociétés s’est encore approfondie. A l'instar de ce qui a été entrepris au printemps 2006 avec les manifestations d'une "Saison française en Israël", nos associations, nos artistes, nos universités, nos scientifiques et nos entreprises, apprennent à mieux se connaître et à travailler ensemble. Des projets conjoints voient le jour dans tous les domaines, économique, scientifique et culturel. Ces partenariats, nous devons les développer encore et les inscrire dans la durée.


Cette relation entre nos deux pays, je sais tout ce qu’elle vous doit à vous, à la communauté juive de France qui constitue la deuxième communauté juive au monde. Vous n’avez cessé d’œuvrer pour faire connaître Israël en France, pour faire comprendre la société israélienne à nos compatriotes. Vous vous êtes engagés aussi pour renforcer le lien le plus fort, celui de la langue française, que nous partageons avec la communauté francophone d’Israël. C’est un lien de cœur et de culture essentiel qu’il faut continuer de développer. Je sais, Monsieur le Président, que c’est un combat auquel vous êtes particulièrement attaché, je l’ai déjà dit comme Ministre des affaires étrangères et je le redis comme Premier Ministre, je suis bien sûr favorable à l’entrée d’Israël dans la francophonie et dans les organisations qui ont la charge de la faire rayonner à travers le monde.

3/ Cette amitié, cet engagement, la France est déterminée à les mettre au service de la paix au Proche et Moyen-Orient. Depuis plusieurs années, les fractures du monde s’amplifient, les tensions se renforcent, les crises s’aggravent. De nombreuses régions sont en proie à l’instabilité. La menace terroriste est toujours présente, et se nourrit des foyers de violence comme l’Irak. Le risque de voir grandir l’incompréhension et la haine entre les peuples s’accroît de jour en jour. Face à cela, les solutions unilatérales ont montré leur inefficacité. Nous savons que rien ne peut se faire contre la volonté des peuples, contre leur identité. Pour autant la communauté internationale peine trop souvent à définir des solutions efficaces.
Aux portes de l'Europe, le Moyen-Orient est devenu l'épicentre des tensions internationales. Des tensions nouvelles sont venues se greffer sur la fracture ancienne que constitue le conflit israélo-palestinien. La moindre étincelle peut déclencher de nouveaux cycles de violence et de haine, nous l’avons vu cet été encore au Liban. Dans cette région, la France a, avec ses partenaires européens, un rôle essentiel à jouer : un rôle d’acteur du dialogue, de la paix, et de la réconciliation entre les peuples.
J’ai toujours défendu une seule et même conviction : l’une des conditions principales pour la stabilité et la sécurité de la région c’est le règlement du conflit israélo-palestinien.

Les principes d'une solution nous les connaissons : deux Etats vivant en paix et en sécurité. La Feuille de route, acceptée par toutes les parties, constitue un cadre qu’il faut renforcer. Après des mois d’interruption, le dialogue a repris entre Palestiniens et Israéliens. La rencontre entre M. Ehud Olmert et M. Mahmoud Abbas, le 23 décembre dernier ainsi que la conclusion du cessez-le-feu créent un contexte favorable. Mais les facteurs de blocage sont toujours présents. Pour rétablir la confiance il y a deux impératifs : la libération du soldat, Gilad SHALIT, français et israélien, enlevé au début de l'été et dont j’ai demandé à être régulièrement informé, ainsi que l'arrêt des violences.

L’un de nos principaux motifs de préoccupation aujourd’hui, c’est la situation de tension au sein des Territoires palestiniens. C’est pourquoi la France soutient les efforts du Président de l’Autorité palestinienne. Nous avons besoin d'interlocuteurs bénéficiant du soutien de tous les Palestiniens et capables de reprendre le dialogue avec Israël.

La communauté internationale doit apporter tout son appui à une relance effective du processus de paix. C’est pourquoi, nous sommes favorables à une réunion du Quartet dans les meilleurs délais. Celui-ci devrait se donner pour objectif l’organisation d’une conférence internationale sur le statut final des Territoires palestiniens. Cette conférence pourrait, sans prétendre dicter aux parties les termes d’un règlement, apporter les garanties auxquelles elles aspirent afin de dépasser les blocages actuels. Car c’est d’une solution politique, et d’elle seule, que pourra venir la paix et le développement auxquels aspirent les populations.

Au-delà, nous devons nous mobiliser pour relever ensemble le défi de la paix, de la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région du Proche et Moyen-Orient. La France continuera à prendre toutes ses responsabilités.

- Face à la guerre au Liban, la France, vous le savez, s’est pleinement mobilisée. Cette guerre a constitué pour les populations du nord d’Israël touchés par les tirs inacceptables et quotidien de roquettes du Hezbollah, ainsi que pour le peuple libanais qui a déjà tant souffert, une épreuve terrible. Nous avons réussi à faire voter la résolution 1701 qui a permis la cessation des hostilités et fixé les paramètres pour une solution politique durable. En assumant le commandement de la FINUL renforcée et en déployant à ce jour plus de 1600 hommes sur le terrain, notre pays a pris toutes ses responsabilités. Nous sommes aujourd’hui engagés pour soutenir la pleine application de cette résolution, qui suppose notamment la libération des deux soldats israéliens toujours détenus, le désarmement des milices, le respect de l’embargo sur les armes et celui de la souveraineté du Liban.

- Au-delà de cette crise, nous devons faire en sorte que tous les pays de la région contribuent au retour à la stabilité. C’est notamment ce que la communauté internationale attend de la Syrie. Nous souhaitons qu’elle coopère pleinement avec la communauté internationale à travers le Conseil de Sécurité de l’ONU, et qu’elle renonce à sa politique de déstabilisation du Liban. Voilà comment nous pourrons avancer ensemble vers cette paix juste et globale au Proche et Moyen-Orient dont la France est un avocat inlassable.

- Enfin, la France continuera à lutter contre les risques de prolifération dans cette région du monde.

- Nous partageons les préoccupations légitimes d’Israël face aux déclarations inacceptables et aux appels à la haine du président iranien. Comme je l’ai dit tout à l’heure, la France les a condamnées avec la plus grande force. L’Iran poursuit un programme d’enrichissement qui suscite des interrogations internationales légitimes. Notre objectif est d’amener l’Iran à se conformer à ses engagements internationaux : nous ne pouvons pas accepter que l’Iran se dote d’une capacité nucléaire militaire. En étroite coordination avec les autres Européens, les Américains, les Russes et les Chinois, nous avons ainsi présenté cet été à Téhéran des propositions ambitieuses. Devant le refus iranien de répondre à cette offre en suspendant ses activités d’enrichissement, nous avons pris nos responsabilités.

- Avec le vote à l’unanimité du Conseil de Sécurité de la résolution 1737 en décembre dernier, la communauté internationale a décidé des sanctions à l'égard de l'Iran. Leur objectif est simple : s’assurer que l’Iran ne bénéficiera pas de contributions extérieures, sous quelque forme que ce soit, à ses activités les plus sensibles. Les exportations de technologies sensibles par l’Iran sont également interdites. La résolution prévoit aussi de renforcer l’autorité de l’AIEA dans son travail de vérification.

- Avec cette résolution, nous avons envoyé un message clair à Téhéran. L’Iran est désormais placé devant un choix : la coopération avec la communauté internationale ou un isolement croissant. Nous espérons que Téhéran fera le choix du dialogue et prendra les décisions permettant une reprise des négociations sur la base des résolutions 1696 et 1737. Mais si tel n’était pas le cas, si l’Iran ne se conforme pas à ses obligations, des mesures supplémentaires seront examinées. Soyez assuré de notre vigilance et de notre détermination sur ce dossier majeur pour notre sécurité et la sécurité d’Israël. Soyez assuré de nos efforts pour maintenir l’unité de la communauté internationale, car c’est la condition de la légitimité de notre action, et donc au final de son efficacité.



Mesdames, messieurs,

Chers amis,

Je veux le redire ici avec force : la France ne transigera pas avec la sécurité d’Israël. La France sera toujours aux côtés d’Israël, pour réaffirmer notre refus absolu du terrorisme, du fanatisme, de la violence et de l’intolérance.
Ce soir je veux vous exprimer ma conviction : l’avenir du Proche et du Moyen Orient passe par un engagement accru de toute la communauté internationale pour avancer conjointement sur l’ensemble des crises et tout particulièrement sur le processus de paix. Après une si longue période d’incertitude et de doutes, les peuples de la région comme la communauté internationale ont besoin d’avancées, de résultats concrets, permettant de combattre la violence et la haine. Plus que jamais, le peuple Français et les responsables de notre pays, conscients des risques, sont déterminés à tout faire pour avancer dans la voie de la justice et de la paix. Sur ce chemin, votre rôle, nous le savons tous, est exemplaire et décisif.

Je vous remercie.

 

medium_43379109.jpgDepuis un an, j'ai mis l'égalité des chances au coeur de l'action de mon gouvernement. Je crois dans ce principe. C'est lui qui me guide dans mes choix politiques. L'égalité des chances est un héritage vivant de notre histoire républicaine. Rappelez-vous l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme : «Tous les citoyens [...] sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.» Je vois aussi dans l'égalité des chances un idéal moderne, qui répond aux aspirations les plus profondes des Françaises et des Français. Car nos concitoyens réclament davantage de justice et de solidarité, mais ils veulent aussi davantage de liberté, davantage de réussite individuelle, davantage de choix pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Ils aspirent à un destin collectif, mais ils veulent aussi que chacun soit récompensé selon ses mérites. C'est pour cela que l'égalité poussée jusqu'à l'égalitarisme est selon moi une erreur : il ne valorise personne, il ne reconnaît pas les efforts de chacun, il propose des solutions uniques pour des hommes et des femmes qui ont souvent des aspirations et des besoins différents.

Je ne me fais pas une conception étroite de l'égalité des chances : si elle se joue en premier lieu à l'école, il faut la défendre à tous les âges, tout au long de la vie. Oui, il est indispensable de repérer très tôt les difficultés des élèves, de leur apporter des solutions personnalisées pour qu'ils maîtrisent la lecture et l'écriture et qu'ils ne se laissent pas distancer dès l'âge de 6 ou 7 ans. Oui, il est nécessaire d'inventer de nouvelles solutions pour traiter les problèmes psychologiques, familiaux ou de santé que peuvent rencontrer certains élèves : c'est tout le sens des équipes de réussite éducative que nous avons mises en place ou des examens de santé que nous avons prévus lors de la sixième et douzième année. Oui, nous devons nous assurer que tous nos enfants ont bien acquis les connaissances fondamentales pour qu'ils aient les atouts nécessaires dans un monde où ils devront souvent s'adapter et changer de travail. Mais c'est à toutes les étapes de la vie que nous devons rappeler les exigences de l'égalité des chances : avoir accès à une formation nouvelle à 30, 40 ou 50 ans, pouvoir valoriser les acquis de l'expérience autant qu'un diplôme, pouvoir rebondir après un accident de la vie comme une maladie, un surendettement ou le chômage, voilà ce pour quoi le gouvernement se bat.

Car l'égalité des chances doit valoir pour tous : pour les hommes comme pour les femmes, qui doivent concilier vie familiale et vie professionnelle dans des conditions souvent difficiles. Pour les personnes âgées comme pour les jeunes, dont l'entrée dans la vie professionnelle ressemble encore à un parcours du combattant : c'est pour cela que je veux améliorer l'orientation pour tous nos élèves et tous nos étudiants, grâce au service public de l'orientation demandé par le président de la République. C'est pour cela aussi que nous allons faciliter la vie étudiante en renforçant les bourses et en poursuivant notre effort en faveur du logement étudiant. L'université doit être toujours davantage un moteur de l'ascension sociale. Egalité des chances aussi pour les handicapés, qui ont droit à des études, des loisirs, un travail dans les mêmes conditions que tous les autres citoyens. Cela veut dire une vraie compensation. Cela veut dire un soutien attentif et réel, qui crée de nouveaux possibles et change nos regards.

Nous devons aussi conforter et moderniser nos services publics en maintenant une solidarité financière active entre tous les Français : car c'est le meilleur moyen de remettre de l'égalité entre les territoires. Il n'est pas acceptable que des populations soient isolées et reléguées dans des lieux mal desservis et mal équipés, en particulier dans les zones rurales. J'ai donc signé la semaine dernière la charte des services publics en milieu rural, qui marque l'engagement de l'Etat à assurer des services publics de qualité sur l'ensemble du territoire. Nous avons aussi mis en place 176 pôles de compétitivité d'excellence rurale, pour valoriser les atouts de nos régions et rassembler nos forces. Il n'est pas acceptable non plus que certains de nos concitoyens vivent dans des quartiers où le taux de chômage est trois fois supérieur à la moyenne nationale, où la délinquance et la violence sont des réalités quotidiennes, où les espoirs se heurtent aux barrières de l'indifférence et des discriminations. Face à cette réalité, je veux rappeler que notre majorité a adopté en mars dernier la loi sur l'égalité des chances, qui est une grande loi de la République : en créant de nouvelles zones franches urbaines, en mettant en place un apprentissage junior, en regroupant les moyens de l'égalité des chances dans une agence, elle ouvre de nouvelles perspectives.

Mais, dans ce domaine, rien n'est jamais donné. L'égalité des chances est un combat de tous les jours, qui suppose de l'indignation et de l'imagination. Indignation devant les discriminations dont certains de nos compatriotes sont victimes dans leur vie quotidienne : je compte sur la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) pour les combattre avec la plus grande fermeté, je compte sur la prise de conscience de chacun. Imagination pour donner un souffle nouveau à notre aspiration collective à plus d'égalité, plus de fraternité, plus d'engagement, plus de liberté. N'hésitons pas à ouvrir des chemins pour permettre à chacun de réaliser ses rêves : pourquoi, par exemple, ne pas développer des filières d'excellence professionnelle dans les domaines comme les logiciels informatiques de jeu et d'animation, le numérique, le génie mécanique, le tourisme, la gastronomie et l'hôtellerie ? Pourquoi ne pas réfléchir à une forme plus généralisée du service civil volontaire que nous venons de mettre en place ? Arrêtons de croire que tout est joué à 18 ans, arrêtons de ne penser que diplômes et statuts, laissons éclater la diversité et le dynamisme français. L'égalité des chances est aussi une révolution des esprits.


DOMINIQUE DE VILLEPIN, Premier ministre.


Alors que Nicolas Sarkozy plaide la rupture, Dominique de Villepin plaide, lui, dans un entretien publié mardi 26 septembre dans La Tribune, l'équilibre "entre les exigences économiques et les attentes sociales", et voit quatre enjeux majeurs pour l'élection présidentielle de 2007 : l'innovation, l'emploi, le pouvoir d'achat et la dette. Interrogé sur l'opposition entre sa volonté d'"équilibre" et la notion de rupture, le premier ministre dit : "Ce qui est essentiel pour moi, c'est ce qui fonde notre identité (...). Comment faire des propositions fortes et innovantes tout en restant fidèles à nous-mêmes ? C'est tout le défi des années à venir."

Précisant sa pensée, Dominique de Villepin indique : "Pour les Français, l'économie doit être au service d'un modèle de croissance et de justice sociale, ce que j'ai appelé la croissance sociale", estimant que cette question "sera sans doute l'un des grands enjeux des prochains débats" de la campagne présidentielle.

Précisant sa pensée, Dominique de Villepin indique : "Pour les Français, l'économie doit être au service d'un modèle de croissance et de justice sociale, ce que j'ai appelé la croissance sociale", estimant que cette question "sera sans doute l'un des grands enjeux des prochains débats" de la campagne présidentielle.

L'EMPLOI, LE POINT-CLÉ DES QUATRE THÈMES DU PREMIER MINISTRE
Estimant qu'il "est trop tôt pour savoir" sur quels grands thèmes se jouera l'élection, le premier ministre regrette "qu'en matière économique, les vrais débats ne soient pas encore posés". Il distingue cependant ces quatre enjeux, détaillant ses objectifs qui sonnent comme un programme de campagne. Sur l'emploi, il rappelle la nécessité de parvenir au plein-emploi, soit à un taux de chômage autour de 6 %, se disant "convaincu que nous pourrons y parvenir pas à pas" en créant non seulement "de nouveaux emplois" mais de "bons emplois, en refusant la précarité". Dominique de Villepin réitère sa volonté de passer sous la barre des deux millions de chômeurs "au premier trimestre 2007". Le premier ministre avait annoncé cet objetif pour la première fois fin juillet, lors d'un déplacement à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise). Pour y parvenir, "il faut concentrer tous nos efforts sur les points durs : les chômeurs de longue durée, les jeunes sans diplômes ni qualification à qui on ne propose rien, les salariés de plus de 50 ans qui se heurtent à l'indifférence ou aux discriminations", a-t-il précisé.

Concernant l'innovation, Dominique de Villepin indique qu'il faudra agir pour que "les entreprises multiplient par deux leur effort de recherche dans les années à venir". Sur le pouvoir d'achat, "il s'agit d'un vrai choix de société", affirme le chef du gouvernement. "Nous n'avons pas trouvé le bon équilibre entre les résultats des entreprises et la rémunération du travail", souligne-t-il. Pour ce qui concerne l'endettement, "il faut regarder la réalité en face", dit M. de Villepin. "Lorsque l'Etat s'endette, les Français s'appauvrissent. Lorsque l'Etat s'endette, il n'a plus les moyens de moderniser les services publics, il n'investit plus ou pas suffisamment pour l'avenir".

Rappelant les résultats économiques encourageants de ces derniers mois, le chef du gouvernement dit en tirer plusieurs leçons, notamment que la France peut "réussir dans l'économie mondialisée", que "l'Etat doit créer l'environnement favorable à cette réussite" et "qu'il est possible de maintenir un équilibre entre les exigences économiques et les attentes sociales".

APRÈS L'ÉCHEC DU CPE, UNE LOI POUR RENFORCER LE DIALOGUE SOCIAL
Il souhaite qu'une loi renforçant le dialogue social soit votée avant la fin de la session parlementaire. "Non seulement le dialogue social doit être renforcé mais il doit être aussi mieux organisé et structuré", déclare-t-il. "Il faut que les règles soient claires, que les responsabilités de chacun soient précisées." "Trois pistes peuvent nous permettre d'avancer : le temps réservé à la négociation dans la loi, la création d'un conseil du dialogue social et des avancées sur le chantier de la représentativité", ajoute-t-il. "Je souhaite qu'un projet de loi soit présenté dans les prochaines semaines et voté avant la fin de la session."

Il souhaite qu'une loi renforçant le dialogue social soit votée avant la fin de la session parlementaire. "Non seulement le dialogue social doit être renforcé mais il doit être aussi mieux organisé et structuré", déclare-t-il. "Il faut que les règles soient claires, que les responsabilités de chacun soient précisées." "Trois pistes peuvent nous permettre d'avancer : le temps réservé à la négociation dans la loi, la création d'un conseil du dialogue social et des avancées sur le chantier de la représentativité", ajoute-t-il. "Je souhaite qu'un projet de loi soit présenté dans les prochaines semaines et voté avant la fin de la session."

La France "est attachée à ses services publics, attachée à un certain mode de vie, attachée à la lutte contre les inégalités et aux idéaux républicains. Faisons de cet attachement un atout, suggère-t-il. Si nous savons respecter cette identité française, tout en faisant preuve de pragmatisme, nous saurons trouver notre voie."

Interrogé pour savoir s'il exclut de se présenter en 2007, M. de Villepin affirme : "Je suis bien occupé, j'ai des responsabilités claires. Chef du gouvernement, je dirige une équipe (...). Je souhaite mener cette tâche jusqu'au bout." Selon un sondage CSA-Le Parisien publié lundi, la majorité (62 %) des Français souhaite que le prochain président de la République "aménage le fonctionnement actuel de la société française", plutôt qu'il "instaure une rupture" (25 %).

Il souhaite qu'une loi renforçant le dialogue social soit votée avant la fin de la session parlementaire. "Non seulement le dialogue social doit être renforcé mais il doit être aussi mieux organisé et structuré", déclare-t-il. "Il faut que les règles soient claires, que les responsabilités de chacun soient précisées." "Trois pistes peuvent nous permettre d'avancer : le temps réservé à la négociation dans la loi, la création d'un conseil du dialogue social et des avancées sur le chantier de la représentativité", ajoute-t-il. "Je souhaite qu'un projet de loi soit présenté dans les prochaines semaines et voté avant la fin de la session."

 

 

Monsieur le Premier ministre,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Messieurs les Parlementaires,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Je me réjouis de vous accueillir ici, au Quai d’Orsay, à l’occasion de notre huitième séminaire gouvernemental. Cette réunion n’est pas seulement une rencontre de plus. C’est aussi le symbole d’un partenariat exceptionnel, d’une relation unique.

1. Cette relation faite d’estime, d’amitié et de passion, tous ici nous en sommes les héritiers.

Nous la devons d’abord aux écrivains et aux peintres, qui avant nous, ont vu dans le Maroc non seulement une source d’inspiration, mais aussi une terre de partage et d’élection. Elle est surtout le fruit de notre histoire commune, d’un long dialogue nourri par les rencontres et les échanges.

Ce dialogue, Monsieur le Premier ministre, votre pays a toujours eu à cœur de le développer et de le renforcer. Le message des célébrations du cinquantenaire de votre indépendance en témoigne : le Maroc a toujours fait le choix de la coopération et de la fraternité des peuples. Je voudrais aujourd’hui saluer la mémoire de Leurs Majestés Mohammed V et Hassan II, et de tous ceux qui, en France, ont su reconnaître et accompagner la légitime aspiration du Maroc à une pleine indépendance.

C’est cet esprit de coopération et de confiance qui, aujourd’hui encore, guide nos relations, sous la direction du Président de la République et de Sa Majesté Mohammed VI. Vous le savez, Monsieur le Premier ministre, la France est et restera à vos côtés.

2. Aujourd’hui, nous devons donner une nouvelle impulsion à notre partenariat stratégique.

Car nous partageons une conviction forte : la certitude que, plus que jamais, à l’heure de la mondialisation, nous devons travailler ensemble.

D’abord, parce que nous faisons face aux mêmes défis, pour lesquels les réponses nationales ne suffisent plus :
-   Le défi de la croissance et de l’emploi ;
-   Le défi d’une mondialisation juste, équilibrée et soucieuse de développement ;
-   Le défi de la sécurité face au terrorisme.

Ensuite, parce que si nous voulons rendre nos partenariats économiques plus efficaces, nous devons les rénover.
-   C’est l’objectif du groupe d’hommes d’affaires que nous avons créé ensemble l’an dernier. Je salue les nombreux membres qui sont parmi nous ce soir, autour de Jean-René FOURTOU et Moustapha BAKKOURI.
-   C’est aussi pour cela que nous voulons bâtir ensemble de vrais partenariats. Car nous le savons, créer des emplois au Maroc, c’est aussi favoriser le dynamisme et la croissance en France.
-   C’est enfin l’ambition qui nous anime lorsque nous rapprochons nos secteurs d’excellence : face à une concurrence internationale de plus en plus rude, tirons parti de nos avantages comparatifs, conjuguons nos initiatives. Ce dialogue, ces partenariats, nombreux sont ceux parmi nous ce soir qui contribuent avec talent à les renforcer, dans le monde économique, dans le monde des arts ou encore à l’université. Permettez-moi de leur rendre hommage.

3. Ensemble, nous pourrons porter notre vision d’un partenariat équilibré entre les deux rives de la Méditerranée.

La clé de ce partenariat équilibré, c’est d’abord un dialogue plus étroit avec l’Europe. Vous le savez, la France est votre avocat le plus ardent au sein de l’Union européenne. Nous soutenons votre demande d’un « statut avancé », et comme vous, nous souhaitons élargir le champ de nos coopérations, par exemple en matière de sécurité ou de défense.

Un partenariat équilibré, cela suppose aussi des progrès vers une construction régionale de votre côté de la Méditerranée. Je veux ce soir renouveler le vœu de la France de voir se construire un Maghreb uni, stable et prospère. A cet égard, je salue la disponibilité réaffirmée du Maroc pour négocier une solution politique et régler le dossier du Sahara.

Monsieur le Premier ministre,

Cette relation d’estime, de compréhension et de respect mutuel, ce dialogue entre nos deux sociétés, entre nos deux cultures, ils sont une force pour nos deux pays. Dans un monde confronté à la tentation du communautarisme et du repli sur soi, ils sont aussi un exemple, un message essentiel que le Maroc et la France, plus que d’autres, peuvent porter ensemble.

Permettez-moi donc, à mon tour, de lever mon verre en l’honneur de Sa Majesté Mohammed VI, de vous-même, Monsieur le Premier ministre, et du peuple marocain.

Vive le Maroc ! Vive la France ! Vive l’amitié franco-marocaine !

Dominique de Villepin - Photo : AFP

 

Discours de Chantal Didier


Vœux de la presse ministérielle à M. Dominique de Villepin

Monsieur le Premier ministre, La tradition des vœux échappant aux susceptibilités identitaires, c’est avec bonne conscience, et avec beaucoup de plaisir, qu’au nom de l’ensemble de la presse ici représentée, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2007. Vœux qui s’adressent tout autant à votre famille et à vos collaboratrices et collaborateurs qui sont souvent à la peine mais partagent avec vous le goût de « l’action ». Il arrive parfois que les effets de celle-ci ne répondent pas toujours aux aspirations premières.

L’an dernier, dans ce lieu et dans de semblables circonstances, vous nous avez prédit, monsieur le Premier ministre, une année « intense » et souhaité, pour en atténuer la rudesse « quelques gouttes d’humour et de tendresse ». 2006 a été de fait très dense mais les deux ingrédients de votre recette idéale ont quelque peu manqué. Sauf à considérer que les slogans et manifestations contre le CPE ont relevé de la fonction ludique des crises et que les prises de bec au sein du groupe UMP de l’Assemblée n’ont fait que trahir les sentiments ambivalents des députés à votre égard. Reste que la guerre éclair que vous aviez entrepris contre le chômage des jeunes s’est soldée par une défaite, ce qui vous a valu une plongée dans les sondages de popularité. Mais vous avez repris votre rocher pour lui faire « gravir la montagne », comme disent certains. Nul ne peut vous contester une forte capacité à endurer les tourbillons politiques et médiatiques pour durer et survivre. Mais sans doute avez-vous été à bonne école à l’Elysée.

Cette ténacité vous vaudra une reconquête des faveurs de l’opinion rarement observée à Matignon, et malgré les aléas, vous pouvez vous prévaloir d’une année 2006 « utile ». Elle l’a été sur le front du chômage, que vous avez érigé en mère des batailles ; elle l’a été aussi en matière de croissance. Elle a été très productive en textes de loi, le Parlement vous reprochant même de le surcharger. Mais si l’étendard du patriotisme économique a claqué au vent, il a moins entraîné les troupes, à croire que le volontarisme politique peine à s’affranchir des contraintes capitalistiques.

Votre credo, monsieur le Premier ministre, n’en reste pas moins que « l’action politique peut changer les choses et donner des résultats ». Vous continuez donc à vous battre, jusqu’au dernier moment, la beauté de la chose étant de renforcer la fonction de chef de gouvernement en démontrant que vous n’êtes pas, selon ce que vous dites, «  un Premier ministre qui s’est couché ». Qui oserez croire le contraire d’ailleurs ? Mais, ainsi que l’écrit Baudelaire, poète que vous aimez, « Bien qu’on ait du cœur à l’ouvrage, l’Art est long et le Temps est court ». Dans le sablier, les grains s’écoulent et rapprochent du terme du mandat présidentiel. Une échéance qui détourne l’attention des uns et entraîne beaucoup d’autres à regarder de l’autre côté de la Seine. Sisyphe semble parfois seul au pied de sa colline.

Cette solitude ne vous gêne guère, convaincu que vous êtes, monsieur le Premier ministre, que la rareté des hommes qui avance à vos côtés, tient un peu à ce que les autres ont le souffle trop court. Vous n’en donnez pas moins le sentiment de piaffer face à un combat dont il n’est pas besoin d’être grand devin pour comprendre que vous le jugez à votre mesure. Vous voici alchimiste, stratège, tacticien. Vous expliquez que l’opinion ne se cristallise qu’à l’approche de l’élection. Vous assurez que la victoire tient à la transmutation du candidat en une sorte d’ascète politique se dépouillant de ses passions. Mais ce moine doit aussi être soldat, capable de conduire une guerre de mouvement pour surprendre l’adversaire. Résisterez -vous à la tentation d’habiter ce rôle dont vous définissez si bien les contours ? Vous nous laissez supputer. Et nous de nous interroger sur le sens de la « métamorphose » espérée. Est-ce le mouvement qui fait passer de la chrysalide au papillon ou la punition qui transforme l’audacieux en statue de pierre ?

Cette année électorale, vous vous en doutez, nous passionne, passionne les journalistes que nous sommes. Nous n’en oublions pas pour autant nos confrères et consoeurs qui rendent compte de vraies guerres et de combats politiques beaucoup moins démocratiques, parfois au péril de leur vie. 2006 a été, à cet égard, une année douloureuse, puisque 81 journalistes sont morts dans l’exercice de leur métier. L’émotion soulevée par l’assassinat d’Anna Politkovskaïa mérite de valoir pour les autres et de durer.

Moins dramatique mais quelque peu inquiétante, la situation de la presse en France soulève de nombreuses questions. La mission d’étude confiée à Marc Tessier par le ministre de la Culture doit rendre un rapport en janvier. Nous, nous sommes tentés de dire : un de plus ? Nous nous contenterons d’être reconnu pour le moment comme produit culturel susceptible de mécénat au regard de l’administration des impôts. Le ministre dira que c’est déjà beaucoup ! Mais c’est qu’il se fait tard pour agir, malgré votre volonté de veiller encore.

L’avenir étant ce « fantôme aux mains vides » dont parle Victor Hugo, l’espace qui s’ouvre oscille entre vallées riantes et dunes désertiques. Mais vous aimez les paysages incertains de Zao Wou-Ki, «  tangage des formes et des matières qui nous plongent chaque fois dans la joie et le doute », ainsi que vous l’écrivez dans la préface que vous avez consacrée à ses « Carnets de voyages ». Entre l’élévation et l’abîme, sa peinture hésite, laissant ainsi à chacun le soin d’explorer ses propres attentes. Sur ses pas, et très modestement, nous renouvelons des vœux dont il vous appartient aussi de définir le contenu. Je vous remercie, monsieur le Premier ministre.


Allocution du Premier ministre

Vœux à la presse

Les vœux que j’avais exprimés en 2006 n’ont pas été tout à fait inutiles parce que la tendresse a fait au moins une émule et cela me touche. Je suis heureux ma chère Chantal Didier que vous ayez compris si justement mon attente de vœux qui sont tout entier tournés vers le bonheur et la prospérité des Français. A chacune et chacun d’entre vous je souhaite, bien sûr le meilleur pour 2007 sur un plan personnel et sur un plan professionnel. A chacun des médias que vous représentez, je souhaite qu’ils puissent relever les défis de l’action et du développement dans un contexte de profonde transformation que je sais difficile.

Plus que jamais, à quelques mois d’échéances essentielles pour notre pays, je connais la lourde responsabilité qui est la vôtre : éclairer nos concitoyens, leur permettre de se prononcer sur les grands enjeux en toute connaissance de cause. Informer, vous le savez mieux que quiconque, c’est un métier. C’est un métier exigeant et parfois dangereux, vous l’avez rappelé Chantal. Mais c’est aussi un engagement, une exigence morale et l’un des piliers de notre démocratie.

Oui, 2007 marquera un profond changement. Nous ne choisirons pas seulement un Président de la République et une majorité pour diriger notre pays. Nous dessinerons surtout une volonté et un destin pour la France. Quelles sont les valeurs qui nous feront vivre ensemble ? Quel rôle pouvons-nous jouer en Europe ? Quelle voix voulons-nous porter dans le monde ? Voilà les grandes questions auxquelles nous devrons répondre.

Je souhaite que le débat soit le plus riche possible, le plus serein possible. Il doit être l’occasion d’un véritable échange des Français entre eux. Depuis des semaines nous voyons non seulement s’exprimer des responsables politiques mais aussi des chefs d’entreprise, des responsables syndicaux, des présidents d’association : c’est indispensable. Le débat politique ne doit pas se limiter à un débat entre responsables politiques. Il concerne tous les Français, qui attendent de nous un projet collectif à construire.

Comme Premier ministre, je suis fier, sous l’autorité du Président de la République Jacques Chirac, d’assurer dans des circonstances aussi essentielles pour notre pays la tâche qui est la mienne. Dans les semaines à venir, j’aurai à cœur de partager mon expérience, de tirer les leçons de ce qui marche en France et de ce qui ne marche pas. Je le ferai avec mes convictions, pour faire gagner la France. Je le ferai en défendant les valeurs qui sont celles de ma famille politique, parce qu’elles me paraissent les mieux à même d’apporter la liberté, le dynamisme, les protections dont nos compatriotes ont besoin. Je le ferai dans un esprit de rassemblement, parce que je crois que l’unité est la condition de la victoire. Et c’est pour cela que j’ai voulu me rendre dimanche au congrès de l’UMP avec Nicolas Sarkozy.

Vous avez, chère Chantal Didier, évoqué les tourments et les épreuves de Matignon. Vous savez que je n’ai jamais partagé cette vision, je ne retiens que le bonheur et l’honneur de servir les Français. Dans les mois à venir, je serai fidèle à mes engagements et soucieux de la mise en œuvre des changements qui ont été décidés. Dès le début de cette année, des mesures importantes vont intervenir pour les Français :
-   Je pense à la baisse de l’impôt sur le revenu : elle est effective depuis le 1er janvier et représente du pouvoir d’achat en plus pour la grande majorité des ménages. Je le dis avec force : il n’y aurait rien de plus décourageant pour tous ceux qui travaillent que de revenir sur ces baisses, comme le propose la gauche. La fiscalité ne doit pas décourager les Français, elle doit au contraire les aider et les motiver. Elle doit être plus simple, plus lisible, pour que chacun sache ce qu’il apporte à la collectivité. Elle doit être orientée vers les nouvelles priorités, comme nous avons commencé à le faire en faveur du logement et de l’environnement.
-   Je pense aussi à l’augmentation de la prime pour l’emploi, qui représente désormais l’équivalent un treizième mois : c’est la juste récompense des efforts accomplis par les salariés les plus modestes.
-   Je pense encore à la distribution d’actions gratuites pour tous les salariés : c’est la clé du développement d’un véritable actionnariat salarié. Avec elle, nous garantissons la stabilité du capital et nous récompensons l’engagement des hommes et des femmes au service de leur l’entreprise. Sortir du capitalisme de spéculation pour construire un capitalisme salarial, voilà l’un des grands défis des sociétés européennes.

Je veux profiter des mois qui viennent pour renforcer avec l’ensemble du gouvernement le cercle vertueux de la croissance, de l’emploi et du désendettement. Ce travail a déjà donné des résultats et je veux en remercier personnellement chacun des ministres. Il conforte les chances de notre famille politique en 2007.
-   A mon arrivée à Matignon, j’ai proposé une nouvelle donne aux Français : la donne de la croissance sociale. La croissance sociale c’est une ambition : donner un emploi à chacun. La croissance sociale c’est un principe : mettre l’innovation au cœur de toutes les entreprises, industrielles ou de service. La croissance sociale c’est une volonté : mieux partager les résultats de nos efforts. Dans quelques semaines nous tiendrons pour la première fois une conférence sur la croissance : elle servira à identifier les verrous, à faire sauter pour passer d’un chiffre de 2% à un chiffre de 3% par an. Elle devra aussi réfléchir aux moyens de tirer les salaires vers le haut sans affecter la compétitivité de nos entreprises. La motivation des salariés et la poursuite de l’innovation, voilà les deux clés d’une croissance forte qui est la condition d’une vie plus facile pour tous les Français. Car la croissance, c’est plus d’argent pour moderniser les services publics, c’est plus de revenu pour les salariés, c’est un pays qui attire les entreprises et crée de l’emploi.
-   L’emploi : c’est mon premier engagement à la tête du gouvernement, et il le restera. A force de volonté, nous approchons tous ensemble du taux de chômage le plus bas depuis un quart de siècle. Mais je le redis : la nouvelle frontière, ce sont les 6% de taux de chômage. Elle suppose de mettre en place de nouveaux instruments et d’apporter des réponses à tous ceux qui aujourd’hui continuent d’avoir des difficultés réelles sur le marché du travail : les salariés sans qualification, les chômeurs de longue durée, les jeunes. Je veux mettre mon expérience au service du débat et proposer quatre pistes de réflexion :
-   Première piste, un service public de l’emploi unique, pour mieux accueillir et mieux servir les demandeurs d’emploi comme l’a demandé le Président de la République.
-   Dans le prolongement de cette réforme, et c’est une deuxième piste de réflexion en cohérence avec ce que nous avons fait, il importe maintenant de réfléchir à la définition d’allocations chômage plus incitatives au retour à l’emploi mais aussi plus avantageuses pour les jeunes et les salariés précaires. Pourquoi ne pas ouvrir le droit à l’assurance chômage dès le 4ème mois au lieu du 6ème, pour tenir compte des contrats courts ? Pourquoi ne pas étudier un meilleur plafonnement des allocations pour inciter à un retour plus rapide à l’emploi ?
-   La troisième piste, c’est l’élargissement et l’amélioration du contrat nouvelles embauches sur la base d’une concertation étroite avec les partenaires sociaux.
-   Enfin quatrième piste, la mise en place d’une année de formation gratuite pour tous ceux qui n’ont pas un niveau de qualification suffisant, sur la base de ce que nous avons mis en place pour les apprentis juniors.
-   Pour terminer, vous me permettrez d’insister sur le désendettement : il doit être poursuivi avec obstination. Chaque euro que nous dépensons en plus pour le service de la dette, nous le distribuons en moins aux salariés français. Chaque euro que nous dépensons en plus pour le service de la dette, nous le donnons en moins à la modernisation de nos services publics. Le désendettement n’est pas un dogme : c’est un choix collectif, que je rappellerai lors de notre prochaine conférence sur le désendettement. Nous sommes aujourd’hui à 64% de dette publique, nous pouvons être en dessous des 60% en 2010 et viser 55% en 2012 : nous rejoindrons là aussi les grands pays européens.
-   3% de croissance, 6% de chômage, 55% de dette publique, voilà une ambition qui est désormais possible grâce aux résultats du gouvernement.

Les mois à venir seront aussi consacrés à la modernisation de notre vie sociale :
-   La France est un grand pays moderne. Et notre société a connu en quelques décennies des bouleversements majeurs : je pense par exemple à la recomposition des familles ou au vieillissement de la population. Toutes ces évolutions ont des conséquences concrètes sur la vie quotidienne de nos compatriotes : quand il faut deux logements au lieu d’un, quand il faut assurer seul la garde de ses enfants, quand il faut trouver une solution pour la prise en charge de ses parents âgés, c’est à chaque fois une inquiétude nouvelle et persistante. Depuis des années les Français se sont débrouillés seuls pour trouver des solutions. Il est temps de leur apporter des réponses.
-   En mettant en place le droit au logement opposable, en instituant le nouveau régime des successions qui permet la transmission des biens dans une famille recomposée, en renforçant la parité dans la vie politique, nous prévoirons le cadre nécessaire pour aider chacun avec le concours et le soutien de la majorité. L’Etat n’est pas là pour contraindre les Français, il est là pour leur simplifier la vie, il est là pour prévoir et accompagner. Prenez les tutelles : en adoptant un nouveau projet de loi, nous allons alléger les procédures administratives, permettre de désigner en toute sérénité une personne de son choix pour assurer sa protection. Dans quelques années il y aura plus d’1 million de personnes victimes de la maladie d’Alzheimer en France. N’est-il pas temps de se préparer ? J’ai donc voulu faire de cette maladie la grande cause nationale 2007, mais j’ai aussi tenu à accélérer la réforme des tutelles pour laquelle le gouvernement demandera l’urgence.

Ce travail du gouvernement et celui de toute notre majorité, je veux qu’il puisse bénéficier à tous les Français pour qu’ils se convainquent de l’efficacité de l’action politique, pour qu’ils sachent également que rassemblée, la nation est plus forte et mieux capable d’affronter les défis d’aujourd’hui. En ce début d’année, après près de deux ans d’expérience à la tête du gouvernement, je voudrais partager avec vous trois convictions, qui fondent pour moi la nécessité impérative de tout faire pour renforcer notre communauté nationale.

En premier lieu notre pays a besoin de règles et de valeurs fortes et respectées, qui font une Nation :
-   La société française est diverse : cette réalité est une chance. Mais ne sous-estimons pas le risque de voir les incompréhensions, les différences et le repli sur soi l’emporter sur ce qui nous rassemble. Le mouvement vers un communautarisme existe, comme dans tous les autres pays européens : pourtant nous savons que ce n’est pas la solution pour la France, qui a toujours défendu la nécessité de valeurs partagées et respectées par tous. La maîtrise de la langue française, la laïcité, l’égalité entre les hommes et les femmes, voilà des combats que nous ne devons pas laisser tomber. C’est la condition nécessaire pour que l’ouverture à d’autres religions et à d’autres pays reste acceptée par tous les Français. Nous travaillons aujourd’hui à une charte de la laïcité : sur cette base, peut-être faudra-t-il aller plus loin.
-   Soyons aussi exigeants sur la nécessité de faire respecter l’équilibre entre les droits et les devoirs de chacun. C’est une exigence à laquelle il faut se tenir et qui est la condition de l’équilibre social : l’accompagnement personnalisé des chômeurs suppose une recherche active d’emploi, l’attribution d’un logement social pour une famille de 4 personnes suppose de le rendre lorsqu’on n’est plus que deux, le versement du RMI suppose de travailler à sa réinsertion. Les droits ne doivent pas devenir des statuts, ils sont là pour aider chacun à surmonter ses difficultés et à sortir d’une situation précaire.

La deuxième conviction que je tire de mon expérience, c’est la nécessité de tisser de nouveaux liens entre les générations pour garantir une fois encore l’unité de la Nation :
-   Les jeunes sont les grands perdants de ces trente dernières années. Ils subissent à la fois une insertion tardive dans la vie professionnelle, des problèmes d’orientation scolaire et universitaire, des difficultés de logement. A l’autre bout de l’échelle, les plus de 50 ans sont exclus de manière précoce du marché du travail. Sans le savoir, nous avons fait le choix d’une société qui exclut au lieu de rassembler.
-   L’urgence absolue, c’est de s’attaquer au chômage des jeunes. Il faut le faire le plus tôt possible, en poursuivant la réforme de l’orientation que nous avons engagée et en divisant par trois d’ici à 2012 le nombre de jeunes qui sortent du système scolaire sans diplôme ni qualification. Au-delà de l’année de formation gratuite que j’ai proposée, nous devrons aussi engager une réforme en profondeur des universités et des grandes écoles : peut-on gagner la compétition universitaire internationale avec les mêmes règles de gestion et d’administration ? peut-on rivaliser avec les meilleures écoles mondiales sans chercher à regrouper nos grandes écoles et à élargir leur recrutement pour qu’elles atteignent une taille européenne et mondiale ? Je ne le crois pas : nous avons besoin d’ouverture et de rassemblement de nos forces, nous avons besoin de refonder le pacte entre la société française et son enseignement supérieur.
-   Nous l’avons appris ces derniers jours, nous avons l’un des taux de natalité les plus élevés en Europe : c’est un atout décisif pour notre pays. Un atout qui crée aussi des obligations, notamment pour aider les femmes à concilier plus facilement vie familiale et vie professionnelle : malgré les avancées que nous avons enregistrées, les choses restent encore trop compliquées pour beaucoup de femmes qui veulent faire garder leur enfant. Nous pouvons encore progresser, j’en suis certain : le rapport parlementaire qui me sera remis dans quelques jours ouvrira des perspectives.

Ma troisième conviction, c’est que la France a besoin d’une ambition européenne pour être elle-même et donner un véritable horizon à notre Nation :
-   La France a voté non à la Constitution européenne et pourtant elle garde une ambition politique pour l’Europe, que porte le Président de la République : une Europe qui protège, une Europe qui défend les intérêts économiques de ses entreprises, qui offre de vraies garanties sociales et qui affirme ses valeurs sur la scène internationale. Je le mesure tous les jours à Matignon : pour la plupart des grands enjeux de l’avenir de notre pays, l’Europe est bien la bonne échelle. Qu’il s’agisse d’environnement, de recherche, d’énergie, de lutte contre l’immigration clandestine, c’est avec nos partenaires européens que nous construisons les vraies solutions. Et pourtant nous le voyons aussi : même si nos idées rejoignent les préoccupations de beaucoup de peuples voisins, elles risquent de perdre du terrain. Sur l’énergie, sur l’harmonisation des normes sociales, sur la gouvernance économique et la politique monétaire, c’est le cas : notre non nous a affaiblis.
-   Il est donc essentiel que la France prenne la tête d’une nouvelle dynamique politique européenne : elle doit le faire avec humilité, en sachant faire évoluer ses positions et en se battant sur l’essentiel. L’essentiel, c’est d’arriver à construire une Europe politique plutôt qu’une Europe du marché. L’essentiel, c’est de promouvoir l’harmonisation sociale contre la dérégulation à tout va. Pour atteindre ces objectifs majeurs, il nous appartient de faire des choix clairs. Pour ma part, même si ce chemin peut paraître long, je pense que dans la nouvelle phase qui s’ouvre nous ne devons pas hésiter à remettre en chantier un nouveau projet institutionnel en liaison avec nos partenaires européens et en particulier l’Allemagne. Un tel texte ne pourra gagner sa pleine légitimité qu’en trouvant l’accord d’une majorité des Français. Nos compatriotes doivent mesurer la responsabilité qui est la nôtre dans la relance de l’Europe. A nous d’être à la hauteur de cette attente.

Chers amis,

Pour conclure, je veux vous dire ma conviction dans les capacités et les atouts de la France. Nous progressons et nous avons des résultats, même si les Français restent souvent impatients et inquiets. Avec de la persévérance, nous pouvons construire demain une société où chacun trouve sa place, où chacun peut espérer une vie meilleure pour soi-même et pour ses enfants.

Je vous l’ai dit, ma volonté à travers l’action gouvernementale que je veux mener jusqu’au dernier jour, c’est de faire gagner la France et les Français. Mon engagement depuis des années est au service de la France et au service des Français. Que cette année 2007 soit une année d’ambition et d’espoir pour notre pays.

Je vous remercie.

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